De L’urgence d’Agir !

En ce moment où la jeunesse Africaine est vendue en esclavage en libye et certains  pays arabes, en cet instant où bon nombre de ceux-ci préfèrent périr de fatigue et d’inanition dans le désert ou servir de repas aux poissons méditerranéens ,la question pour  tout être censé est celle de savoir ce qui peut pousser tant de jeunes d’une même sous-région à un tel désespoir ?

A la question posée à bon nombre de ces jeunes suicidaires, une même réponse lapidaire : On n’a pas le choix ! Pas le choix de s’éduquer convenablement, pas le choix de travailler et d’en faire vivre sa famille, pas le choix de nos dirigeants véreux, pas le choix  de notre développement et de notre type société etc….

Migrants africains

Donner enfin à la jeunesse les armes pour une éducation de qualité et en phase avec les standards mondiaux,
voilà  qui à elle seule justifie l’Urgence  d’Agir.

Une école du Cameroun - Urgence d'agir en Afrique
Afrique : Agir pour le numérique et l'éducation
Urgence d'agir en Afrique

L’Afrique subsaharienne n’est pas seulement à la traîne sur le digital et l’économie du savoir, mais est totalement décrochée par rapport au reste du Monde sur le plan du droit, de la santé, de l‘économie, du sport ; bref de tout… 

75 % de la population Africaine n’a pas accès au réseau internet, soit trois Africains sur quatre. A titre de comparaison, 84 % des ménages sont connectés en Europe, contre seulement 15,4 % en Afrique- Sources UIT) .

L’Offre en documents et données numériques est quasi inexistante de la part des bibliothèques tant scolaires qu’universitaires (quand il en existe…), et dans la presque totalité des pays concernés, les politiques de dématérialisation de données et de digitalisation de la société peinent à voir le jour  alors que partout ailleurs ces politiques sont des réalités évidentes…

Les Bibliothèques quand elles existent, sont si mal équipées et dotées de fonds documentaires si anciens et dépassés que peu d’enseignants et d’étudiants osent s’y aventurer ! L’essentiel les informations qu’ils peuvent y trouver est obsolète. C’est ce qui justifie pour une large part la défiance de la jeunesse Africaine par rapport à la lecture…

La piètre qualité de vie, les salaires peu attractifs, la corruption des dirigeants politiques demeurés sous le joug d’anciens pays colonisateurs tels la France occasionné une hémorragie ininterrompue des quelques  maigres compétences formées avec difficultés en local, ajoutant ainsi au fossé déjà abyssal entre l’Afrique et l’occident en matière Numérique. Et ceci vaut en beaucoup d’autres domaines tels la santé, l’enseignement…

Le continent ne réalise que 0,5% des investissements mondiaux consacrés à la recherche et au développement, et ne représente que 0,8% des dépenses mondiales consacrées aux publications scientifiques  -( Gumisai, 2003)

De toutes les régions du monde, c’est l’Afrique qui a le moins de lignes téléphoniques, de radios, de téléviseurs, d’ordinateurs et d’internautes.

Les formations proposées sont non seulement  loin de satisfaire la demande locale de compétences, mais sont totalement décalées par rapport aux besoins réels sur les marchés locaux du travail.

De même, la qualité des enseignements dans tous les secteurs de formation accuse un retard profond en termes de recherches et d’actualisation des cours par rapport aux niveaux globaux mondiaux. Ceci est pour partie la cause de  l’exode massif des jeunes chercheurs africains qui pour leurs cursus post-universitaires préfèrent l’étranger pour bénéficier de conditions de recherches meilleures et de meilleures formations.

Si l’on se fiait aux rapports optimistes de la Banque mondiale, de l’Unesco ou de l’Agence française du développement, L’Afrique serait à les croire le Continent de l’avenir, de la croissance à plusieurs chiffres ; bref le futur Eldorado… .

A ceci près que ladite croissance ne profite qu’à une poignée de prédateurs détenteurs du pouvoir qui organisent une spoliation et une exploitation systématique des populations avec l’accord tacite de ces mêmes organismes qui par ailleurs ferment les yeux sur ces pratiques ou les encouragent.

Aucune des politiques d’éducation décidées dans ces organismes et souvent « suggérés » aux pouvoirs locaux n’a sur le continent noir un début de  réussite, car dans la réalité des faits, la volonté politique requise pour les accompagner fait défaut.

Donner  une éducation de qualité à la jeunesse et au peuple c’est lui offrir l’opportunité de comprendre leurs duperie et donc s’attaquer à leurs pratiques et privilèges. C’est l’ultime raison pour laquelle les régimes politiques de cette région font peu de cas de l’enseignement supérieur et de la recherche, car la piètre qualité de l’éducation des masses leur assure pérennité de  pouvoirs et domination sans risques de contradiction.

Mis à part le Rwanda et dans une moindre mesure le Sénégal, tous les autres états  africains au sud du Sahara sont totalement décrochés de la révolution numérique en cours dans le monde.

Notre parti pris, et nous l’assumons, est de passer  outre les blocages que peuvent mettre en œuvre certains de ces régimes et certains acteurs des milieux de l’Édition pour permettre enfin aux  étudiants ,formateurs et autres enseignants un ensemble conséquent et récent d’outils didactiques ou pédagogiques , de documentation digitale de nature à booster leurs résultats universitaires  et inscrire cette volonté de bond qualitatif dans la durée.